L’utilisation du corset dans la scoliose idiopathique de l’adolescent

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La scoliose idiopathique de l’adolescence (SIA) est caractérisée par une déformation rachidienne tridimensionnelle particulièrement évolutive au moment de l’adolescence. Pour enrayer cette aggravation, le traitement orthopédique de choix est le corset réalisé sur mesure afin d’être ajusté à la morphologie rachidienne. Actuellement, ce sont les corsets de types rigides « passifs » ou « actifs » qui sont surtout utilisés. Mais, certaines idées novatrices plus souples, et donc respectueuses de la dynamique du rachis tout en étant associées au mouvement, apparaissent.

Ces recherches sont également importantes pour diminuer l’impact du corset sur les aspects physiologiques et psychologiques qu’il peut engendrer. Le kinésithérapeute, qui connaît bien les différents types de corsets et leurs limites, pourra influencer le choix du médecin et adapter la rééducation afin d’offrir un traitement le plus adéquat possible au patient porteur d’une SIA.

Le traitement de la scoliose idiopathique a toujours été complexe face à une pathologie dont les facteurs d’étiologie et d’évolution restent incertains. Les corsets permettent de ralentir ou de diminuer l’aggravation de la courbure scoliotique dans la majorité des cas, ce qui évite des gestes opératoires invasifs et non dénués de conséquences. Un état de l’art des corsets, habituellement prescrits ainsi que l’analyse de quelques modèles novateurs, permet de mieux appréhender la problématique du traitement de la scoliose ainsi que ces conséquences physiologiques sur le patient porteur d’une scoliose idiopathique de l’adolescence.

La scoliose idiopathique

Une définition récente établie par le Professeur Dubousset met en évidence que :

la scoliose est une pathologie rachidienne évolutive ;

c’est une déformation dans les trois dimensions de l’espace ;

la quatrième dimension de cette pathologie est la notion de croissance ;

une continuité entre les différents composants rachidiens (vertèbres, muscles, articulations, cage thoracique et bassin) persiste.
« Les corsets permettent de ralentir ou de diminuer l’aggravation de la courbure scoliotique dans la majorité des cas, ce qui évite des gestes opératoires invasifs et non dénués de conséquences. »

La scoliose la plus fréquente est la scoliose dite « idiopathique », d’étiologie inconnue et non secondaire à une autre pathologie. En France, la fréquence dans la population générale est de 14 % pour des scolioses dont l’angle de Cobb* est supérieur à 5° . Les jeunes femmes représentent 80 % des scolioses de plus de 30°. La classification, basée sur la déformation dans le plan frontal, prend en compte deux paramètres :

La courbure scoliotique se présente en forme de « C », ce qui permet d’identifier un côté concave et un côté convexe. Le côté convexe nomme le type de courbure. Les scolioses thoraciques droites et thoraco-lombaires droites représentent 85 % du total des scolioses.

À l’examen clinique, le rachis scoliotique se caractérise par  :

dans le plan frontal, une inclinaison latérale asymétrique entre les ceintures scapulaire et pelvienne lorsqu’il n’y a pas de courbure compensatoire;

dans le plan horizontal, une rotation opposée des épaules par rapport au bassin et l’apparition d’une gibbosité, qui correspond au déplacement costal induit par la rotation des vertèbres thoraciques;

dans le plan sagittal, un effacement des courbures. Lorsque la scoliose est structuralisée*, les vertèbres sont déformées (diminution de la hauteur du corps vertébral du côté de la concavité), ce qui est lié et aggravé par l’asymétrie des contraintes appliquées.
Pour traiter cette pathologie complexe, il est nécessaire de prendre en compte tous ces différents éléments afin d’offrir un traitement orthopédique adapté à la forme clinique de la scoliose tout en tenant compte de l’évolutivité de cette dernière.

Conclusion

Au vu des troubles de la statique et de la dynamique qui ont pu être associés à la scoliose, il semble indispensable de s’orienter vers des techniques qui permettent de préserver la fonction musculaire et la dynamique rachidienne. Ce n’est que récemment que la recherche étudie le comportement dynamique des scoliotiques lors de certains mouvements, alors que nous sommes face à des patients jeunes et actifs. La compréhension des stratégies adaptatives développées par le patient pour garantir l’équilibre lors du mouvement devrait à l’avenir permettre d’envisager des corsets « dynamiques » répondant aux contraintes de la vie de tous les jours. Les corsets novateurs « SpineCor® », « Olympe® » et « Toilé de Saint-Etienne® » vont dans ce sens, mais cependant, ils nécessitent de débuter le traitement de manière précoce et sont adaptés aux scolioses à faibles angulations. Dès lors, les corsets de type rigide restent totalement adéquats pour des scolioses à angulations élevées et en période très évolutive.

Par ailleurs les corsets classiquement utilisés depuis plus de 20 ans offrent un certain confort à l’équipe médicale grâce au recul et à la maîtrise de ces techniques, mais ceci au détriment d’une évolution des traitements et d’une adaptation fine au patient scoliotique. Au vu des nombreux corsets proposés, il convient de bien évaluer les différents composants influençant la scoliose pour pouvoir proposer une solution la plus adéquate possible au patient. L’idéal est de trouver un compromis juste entre la nécessité de traiter tout en limitant l’impact du traitement. Le kinésithérapeute peut apporter une aide précieuse au médecin dans cette décision en fonction de son évaluation clinique comportant un bilan musculaire, proprioceptif, cutané et respiratoire.

Le résultat de ce bilan ainsi que l’évaluation quantifiée de la courbure et de son évolution par le médecin permettent ensuite d’affiner le choix du corset en fonction du patient. Dans un second temps, le kinésithérapeute adaptera sa rééducation selon le corset pour en améliorer son efficacité et en diminuer les effets secondaires. Un kinésithérapeute maîtrisant bien les différents types de corsets pourra offrir un complément adéquat au traitement orthopédique par corset et aura ainsi un rôle primordial dans le traitement du patient scoliotique.

Corset et scoliose idiopathique de l’adolescence – Kinésithérapie, la Revue, Volume 8, Issue 80, Pages 23-29 Anne-Violett Bruyneel, Pascale Chavet, Serge Mesure
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