Réparer le cartilage avec des cellules souches, une révolution en orthopédie

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La technique a été développée par l’Institut Rizzoli de Bologne qui utilise des cellules souches pour reconstituer tissus osseux et cartilagineux (notamment) du genou. Elle offre une alternative à la pose de prothèse.

Le docteur Quintart, chef de service Orthopédie et Traumatologie a été formé à la technique mise au point par le professeur Buda en Italie. Le CHR devient dès lors le 1 er centre belge de référence pour l’utilisation de cette technique révolutionnaire.

greffe cellules

La greffe de cellules se pratique par arthrotomie ou arthroscopie. La seconde technique, moins invasive, permet au patient de récupérer plus vite des suites de l’intervention qui consiste à placer des cellules-souches sur les zones osseuses et/ou cartilagineuses atteintes par les lésions. Le prélèvement, la sélection des cellules et leur greffe se déroulent dans un processus en continu.

Les lésions osseuses ou cartilagineuses du genou ou des hanches sont fréquentes. Souvent elles induisent la pose de prothèse… Mais une intervention sur cinq peut poser problème. Elles ont une durée de vie réduite et les statistiques montrent que dans un cas sur deux un remplacement peut également poser problème. Bref, tout bon orthopédiste vous le dira, la prothèse, si elle est nécessaire, c’est le plus tard possible.

Mais dans certains cas, l’intervention est indispensable sur de jeunes patients… Avec tous les risques qu’elle peut comporter.

Greffe de cellules-souches

Depuis près de dix ans une nouvelle technique est à l’étude. Elle fait appel aux « cellules-souches ». Des cellules qui sont « programmées » pour construire des tissus ou organes spécifiques. Certaines peuvent donc (re)constituer des os ou du cartilage et donc réparer des lésions.

L’Institut Rizzoli, spécialisé en orthopédie a planché sur la question et a mis au point une technique de « greffe » de cellules-souches qui permet de traiter avec succès et durablement diverses lésions du genou, de la hanche, ou de la cheville… Cette technique, brevetée (appelée IOR-G1) permet dans certains cas de ne pas recourir à la pose d’une prothèse.

Jolimont, à la pointe…

Le docteur Quintart, chef de service Orthopédie-Traumatologie du CHR Jolimont est spécialisé en chirurgie prothétique et Régénérative du cartilage s’est intéressé à cette technique brevetée et a entrepris de la mettre en œuvre au CHR Jolimont en collaboration avec le professeur Buda et son équipe. Avec succès comme en attestait hier Patrick Declercq, employé de banque de 48 ans, opéré fin avril des suites d’une usure de rotule liée à un problème dégénératif. La convalescence a été longue mais il a désormais retrouvé une mobilité quasi parfaite…

Mais hier aussi, le CHR Jolimont accueillait le professeur Buda et des membres de son équipe. Ils sont venus pour remettre au docteur Quintart le certificat de « Centre de référence » délivré par l’Institut Rizzoli. désormais, les deux équipes travailleront de concert et pourront tant partager leurs expériences que faire évoluer une technique qui, il faut le souligner ne s’applique pas qu’au genou.

Les cellules-souches pouvant reconstituer des tissus et des organes, elles peuvent «réparer» bon nombre de lésions. À condition, bien évidemment de pouvoir les « isoler » et de savoir les « implanter ».