Passage des patients porteurs d’implants orthopédiques à l’aéroport

Passage des patients porteurs d’implants orthopédiques à l’aéroport

L’augmentation des contrôles aux aéroports depuis les attentats pose de plus en plus de problèmes aux patients porteurs de matériels orthopédiques. La détection de ces matériaux dépend de plusieurs facteurs.

Parmi ceux-ci, on note le type de matériau (ferreux, titane, etc.), le type de matériel (prothèse, clou, plaque…) et la sensibilité des portiques. De nos jours, de plus en plus de patients sont arrêtés dans les aéroports et il est recommandé de fournir un document au patient attestant de la présence de matériel orthopédique.

Mécanisme de détection

La détection des métaux repose sur la présence d’un champ électrique couplé à un champ électromagnétique généré par le portique. Certains métaux (fer, nickel, cobalt) placés dans un champ électromagnétique produisent un courant d’induction qui est détecté par les portiques ou les détecteurs à main.

Plusieurs facteurs influencent la détection des métaux et donc des implants orthopédiques et en particulier le poids du dispositif implanté (supérieur à 145 g). Ainsi, Grohs et Gottsauner-Wolf. ont proposé en 1997 une carte précisant, pour chaque patient, la localisation et le poids du matériel (orthopédique).

Les taux de détection des implants en fonction de la localisation ont été établis à 67 % (membre inférieur), 17 % (membre supérieur), et à 14 % (rachis). Dans l’enquête d’Abassian sur 154 patients, la moitié des implants a été détectée, mais 72 % des patients n’ont rapporté aucun préjudice.

Les porteurs de prothèses de genou avaient été détectés dans 71 % des cas, plus souvent que les porteurs de prothèses totales de hanche (31 %). En 2007, 154 patients porteurs de prothèses d’épaules ont commenté leur expérience de passage à l’aéroport depuis septembre 2001.

Quatre-vingt patients avaient pris l’avion, trois-quarts d’entre eux avaient pris en moyenne six vols domestiques et un quart sept vols internationaux en moyenne. Le taux de détection, allant de 42 à 52 %, était fonction du nombre d’implants par patient et de la fréquence de leurs voyages.

La détection dépend aussi de la composition en métal « ferreux », dont les implants orthopédiques sont faiblement pourvus. Basu et al. ont testé du matériel orthopédique sur des volontaires et montrèrent l’importance de la taille des implants et surtout de leur concentration en fer.

Pearson en 1992, en comparant plusieurs types d’implants (prothèses de hanche et de genou, vis plaques de hanche, clous) composés de différents alliages (titane pur ou alliage avec du vanadium, chrome molybdène, acier) passés dans trois types de portiques, ont constaté qu’une seule endoprothèse de hanche était détectée par un seul des trois portiques.

En 2007, Obremskey et al. publiaient le taux de détection chez 96 patients porteurs d’implants évalués en 2004 par un passage sous un portique et un détecteur à main. Toutes les prothèses unilatérales ou bilatérales furent détectées.

Si les implants de moins de quatre vis n’étaient jamais détectés, les plaques de plus de dix trous et les clous centromédullaires en titane étaient particulièrement sensibles à la détection. Enfin, l’indice de masse corporelle n’influençait pas le nombre d’implants détectés.

En 2002, Kamineni et al. émettaient l’hypothèse que la détection des implants orthopédiques pouvait aussi dépendre de l’épaisseur des parties molles ou des habits et de la vitesse de passage dans le portique (qui diminuaient la détection) ou des dimensions de l’implant, les grandes tailles favorisant la détection. En revanche, une protection d’épaisseur de 2,5 cm (1 inch) apparaissait inefficace.

Finalement, Dines et al. ont proposé la mise au point d’un registre international.

Conclusion

Les facteurs de détection des implants orthopédiques sont le volume et la localisation de l’implant (prothèse de hanche et de genou facilement et quasiment constamment détectées contrairement aux prothèses d’épaule), le nombre d’implants et le nombre de voyages en avion, les alliages (chrome cobalt et titane plus souvent détectés qu’acier), la vitesse de passage sous les portiques, l’épaisseur protectrice sans que l’indice de masse corporelle ne joue un rôle, et bien sûr la sensibilité des détecteurs utilisés (détecteur à main plus sensible que portique).

Il est recommandé de fournir un document attestant de la présence de l’implant pour éviter les fouilles prolongées, surtout en cas de prothèses de hanche et de genou.

Référence : R. Luth, L. Obert et N. Lecomte
Revue de Chirurgie Orthopedique et Traumatologique.

Khaled Benokba

Khaled Benokba

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