Syndrome du canal carpien chez l’enfant

Syndrome du canal carpien chez l’enfant

Le syndrome du canal carpien est une pathologie très fréquente chez l’adulte dont l’étiologie la plus rapportée est la maladie de surcharge lysosomale, suivie des anomalies anatomiques (osseuses, musculaires et artérielles), des traumatismes, de la pratique intensive de certains sports et les formes familiales.

C’est une pathologie qui reste très rare chez l’enfant, nous rapportons les cas de 10 canaux carpiens chez 5 enfants, opérés dans notre service de 2010 à 2013.

Patients et méthodes

Nous avons pris en charge 5 enfants, présentant un syndrome du canal carpien bilatéral et étudié l’histoire clinique, la prise en charge thérapeutique et l’évolution à distance.

Trois enfants étaient porteurs d’une mucopolysaccharidose. Le quatrième était atteint du syndrome de Vater. Dans le dernier cas, il s’agissait d’une forme considérée comme idiopathique. Deux enfants étaient adressés pour une symptomatologie douloureuse nocturne, les autres pour une sous-utilisation de leurs trois premiers rayons, dont deux présentaient une amyotrophie de leur masse thénarienne.

Quatre enfants ont bénéficié d’un électromyogramme pour confirmation du diagnostic. Nous avons effectué un traitement chirurgical en un temps, à ciel ouvert, par section du ligament annulaire du carpe.

Résultats

L’âge moyen de nos patients était de 4 ans. Le recul chirurgical moyen de l’étude était de 19 mois. Nous avons constaté, chez l’ensemble des patients, une régression complète de la symptomatologie douloureuse, une amélioration sensitive et une récupération de l’opposition du pouce.

Conclusion

Le syndrome du canal carpien chez l’enfant est une pathologie rare (163 cas rapportés de 1989 à 2003) avec une symptomatologie qui passe souvent inaperçue parce qu’elle diffère de celle de l’adulte (douleur moins importante, composante nocturne souvent absente), mais également car les signes peuvent apparaître avant l’acquisition du langage.

Dans le cadre des maladies de surcharge génétiques, type MPS et mucolipidoses, la prise en charge pluridisciplinaire donne lieu à un dépistage à titre systématique. Dans les autres cas, c’est l’évocation même du diagnostic qui s’avère la plus difficile, avec comme danger de ne pas y penser.

L’enjeu majeur est de poser le diagnostic précocement afin d’éviter des séquelles graves (motrices, sensitives et cosmétiques). Un bilan étiologique complet impose souvent le recours à l’EMG pour objectiver le SCC et éliminer les diagnostics différentiels.

Pour notre équipe, l’attitude thérapeutique à réaliser est celle du traitement chirurgical à ciel ouvert systématique, même en cas d’atteinte motrice, ce qui semble être en accord avec les données de la littérature.

Le SCC est donc une maladie rare chez l’enfant mais qu’il faut avoir à l’esprit afin d’intervenir le plus précocement possible.

Auteurs : A.Leduc P.Perrot M.V.Truffandier F.Bellier-Waast F.Duteille
Service de chirurgie plastique et reconstructrice, centre des brûlés, hôpital Jean-Monnet, CHU de Nantes, 44093 Nantes cedex 01, France

 

Khaled Benokba

Khaled Benokba

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